Interview de Brahim OUAREM, nouveau président du SMOYS

Question : Quelles vont être les premières priorités de votre action en tant que nouveau président du syndicat d'énergie SMOYS ?

Réponse : Les activités de notre Syndicat sont d'abord organisées autour de la mise en œuvre de son statut d'Autorité Organisatrice de la Distribution de l'Energie, c'est-à-dire le contrôle des concessions d'Electricité et de Gaz.

Ma première priorité est de renforcer celui-ci, dans l'intérêt des usagers, en renforçant les relations de travail, qui doivent être confiantes et régulières, avec EDF/ENEDIS et GRdF. Il faut veiller à mieux rendre compte à nos adhérents, les intercommunalités et les communes, mais aussi aux abonnés eux-mêmes, les familles dont le budget gaz et électricité est important, et auxquels nous devons la transparence. C'est pourquoi, j'ai demandé que dès notre prochaine séance d'assemblée délibérante, soient présentés, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent et je le regrette, les rapports sur le prix et la qualité du service public du gaz et de l'électricité sur notre territoire, où vivent près de 500 000 habitants. Ces rapports seront à ma demande mis en ligne sur le site Web du SMOYS que nous venons de créer, pour que les ménages puissent savoir comment nous gérons, avec les concessionnaires, les réseaux et équipements qui permettent de les desservir en gaz et en électricité. Ils ont droit à cette information. C'est pour cela que deux de mes vice-présidents ont reçu délégation pour suivre ces questions : l'un, Daniel ESPRIN, ancien maire et conseiller municipal de Leuville-sur-Orge, a en charge le Contrôle de la concession d'électricité et l'autre, Patrick BARRANCO, élu de la ville de Draveil, dans le Val de Seine, le contrôle de la concession de gaz. Ce sont des élus de terrain et je sais qu'ils seront attentifs à la dimension sociale qui me tient à cœur, car beaucoup de familles, dans la période actuelle, sont confrontées à des difficultés pour payer leurs factures de gaz et d'électricité.

Q : votre syndicat mixte s'est aussi lancé depuis quelques années dans ce qu'on appelle l'électro-mobilité : entendez-vous poursuivre l'équipement de votre territoire en bornes de recharge pour véhicules électriques ?

R : En effet, ces dernières années, notre Syndicat a pris une part active à l'électromobilité en implantant une centaine d'infrastructures de recharge pour les Véhicules électriques et hybrides (IRVE). Avant de poursuivre cet effort, ce qui est indispensable, je veux d'abord m'assurer du bon fonctionnement du réseau qui a été mis en place. J'ai été saisi par plusieurs maires de problèmes liés à l'entretien et la maintenance des bornes, et certains dysfonctionnements m'ont été signalés. Ma priorité sur ce plan est de veiller au parfait fonctionnement du réseau. Je vais dès la semaine prochaine me rendre sur le terrain, à la rencontre des municipalités, là où des problèmes m'ont été signalés. Il faut restaurer la confiance des communes et des usagers dans la fiabilité de ce réseau. C'est à ce prix que pourra être poursuivi l'effort, coûteux mais nécessaire, d'équipement du territoire. Notre objectif est de viser le « Zéro défaut » ! Là aussi, j'ai souhaité confier à un vice-président, Jean-Claude DELIANCOURT, adjoint au maire de Chilly-Mazarin, une délégation à l'Electromobilité.

Q : vous évoquez votre volonté d'être attentif aux budget gaz et électricité des ménages. Mais les collectivités aussi sont consommatrices de gaz et d'électricité pour leurs écoles, leurs gymnases, leurs centres de loisirs, leurs équipements sociaux et culturels. Pour elles, le SMOYS est-il un partenaire ?

R : il va le devenir au plus vite : dès le 1er octobre, nous réunirons notre bureau syndical (NDLR : l'assemblée délibérante restreinte du SMOYS, regroupant le président et les vice-présidents) pour mettre en place un groupement d'achat public d'énergie, qui permettra à notre initiative de mutualiser les achats d'énergie. Plus il y aura de communes et d'intercommunalités du SMOYS à y adhérer, plus les volumes d'achat d'énergie seront importants et les prix, lors des mises en concurrence de fournisseurs que nous lancerons, devraient être compétitifs. Nous pensons obtenir ainsi de l'ordre de 10 à 15 % de baisse des prix, au bénéfice de nos adhérents.

Q : la transition énergétique est au cœur des priorités du plan de relance du Gouvernement. Le SMOYS est-il un acteur de cette transition énergétique et comment ?

R : Pas encore, mais c'est l'une des raisons qui ont motivé ma candidature à la présidence du Smoys. Il nous faut élaborer une stratégie à l'échelle du périmètre du SMOYS de déploiement d'unités de production d'énergie solaire photovoltaïque qui permettraient au cas par cas de choisir de réduire sa facture d'énergie par l'autoconsommation ou de revendre l'énergie produite. Le Syndicat pourrait également accompagner nos communes dans la maitrise de leur besoin en énergie. Nous envisageons de les aider à réaliser des audits de performance énergétique de leurs bâtiments publics avec pour l'objectif de réduire leur facture énergétique. Là aussi, un vice-président du Smoys, Gregory GOBRON, 1er adjoint au maire de Ris-Orangis, s'est vu confier une délégation à la Transition énergétique : il aura à réfléchir à la promotion des EnR, des Energies renouvelables, notamment à travers la production d'Hydrogène ou de bio carburant GnV (Gaz naturel pour les véhicules) qui pourraient être utiles à nos collectivités.

Ces chantiers ne peuvent qu'être porteurs de sens, pour nous qui sommes élus, et d'intérêt public pour nos habitants et nos collectivités.

Q : La transition énergétique, pour être mise en œuvre, nécessite des moyens financiers importants. Comment comptez-vous les mobiliser ?

R : nous devons désormais, collectivement, faire évoluer notre syndicat et, pour lui faire prendre le virage de cette transition énergétique avec la finalité de permettre à toutes nos collectivités adhérentes, dans un contexte de diminution des ressources, mettre en place des process qui leur permettront d'atténuer leurs charges et générer de nouvelles recettes. Notre syndicat doit leur apporter des solutions concrètes et donc rechercher des financements, en effet. C'est pourquoi, au sein de notre exécutif, le Premier vice-président, Didier GONZALES, maire de Villeneuve-le-Roi et conseiller régional, s'est vu confier le suivi des relations avec nos partenaires et financeurs de projets que sont notamment la Région Île-de-France, qui a fait de la transition énergétique une de ses priorités et la Métropole du Grand Paris, qui s'y est engagée aussi et dont le territoire englobe une partie de celui du SMOYS (Villeneuve-le-Roi, Ablon-sur-Seine, Athis-Mons, Paray-Vieille-Poste, Juvisy-sur-Orge, Viry-Châtillon, Savigny-sur-Orge et Morangis, qui font partie de Grand Orly Seine Bièvre). Je sais qu'avec lui, notre syndicat va nouer des partenariats forts au service des projets qu'il développera.

Q : Comment la gouvernance du SMOYS s'organise-t-elle ? Comment entendez-vous l'orienter ?

R : Notre exécutif est pour l'instant un exécutif resserré à moi-même et cinq vice-présidents, qui, comme je viens de l'expliquer, ont chacun une mission correspondant à nos priorités. Nous avons convenu ensemble d'être les plus proches possibles de nos collectivités adhérentes, à leur écoute. Notre vocation est d'être le plus souvent possible sur le terrain, au plus près des réalités de gestion de nos compétences et pour répondre au mieux à l'attente des usagers des services publics que nous gérons. Nous avons aussi le devoir de concevoir des actions et projets qui soient réfléchi et porté collectivement. Tel est le sens que nous voulons donner à ce nouvel exécutif du SMOYS.

Q : En Essonne, les syndicats de gaz et d'électricité sont nombreux et dispersés. L'union ne ferait-elle pas la force des syndicats d'énergie ?

R : Mon prédécesseur avait entrepris, il y a deux ans, dans l'esprit voulu par la loi du 7 décembre 2006 relative au secteur de l'énergie, de faire grandir le SMOYS en permettant le regroupement autour de lui d'autres syndicats et répondu à l'appel lancé par Xavier DUGOIN, président du Siarce, d'engager un processus en ce sens avec le SIEGRA, syndicat de gaz et d'électricité de l'Arpajonnais (12 communes) et avec le SIARCE, qui exerce pour 20 communes la même compétence.

J'ai, dès mon élection, confirmé cette volonté et pris contact avec Xavier DUGOIN et Edouard MATT, le président du SIEGRA pour finaliser ce regroupement. Il nous donnera plus de force encore dans la conduite de nos actions, et cela incitera des collectivités n'adhérant pour l'instant à aucune structure intercommunale telle que la nôtre à nous rejoindre.